Pour une médecine écoresponsable

Par le 6 mars 2026, actualisé le 09 Mar 26.

La médecine vise avant tout la protection de la santé des individus, mais aussi des populations. Or la santé des individus et des populations dépend aussi des risques environnementaux. En soignant les individus, il ne faudrait pas aggraver les risques écologiques, ce qui reviendrait à porter atteinte à la santé des individus qu’on prétend soigner. La médecine doit se soucier d’être écoresponsable.

Un impact important

L’impact du système de santé sur l’état de la planète est loin d’être négligeable. En France, on estime que le système de santé est responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre, et qu’environ la moitié est due aux prescriptions de médicaments et de dispositifs médicaux. Mais bien sûr il y a d’autres impacts : pollution, épuisement des ressources, résistances aux antibiotiques…

Moins de prescriptions mieux choisies

Pas d’analyses sans symptôme « pour se rassurer », inefficaces et sans intérêt autre que psychologique. Pas d’imagerie « pour savoir », mais seulement pour prendre des décisions. Pas de visite prématurée vers des services d’urgence encombrés, au risque de contracter une maladie infectieuse grave plus fréquente dans les hôpitaux que dans le monde courant. Pas de médicament d’efficacité non démontrée ou douteuse. Pas de cascade médicamenteuse dans laquelle on traite l’effet indésirable d’un médicament par l’ajout d’un autre médicament…

De nombreuses personnes prennent des médicaments inhibiteurs de la pompe à proton (dont le nom se termine en "azole") pour lutter contre leurs brûlures d'estomac. Prendre ces médicaments pendant des mois et des années peut provoquer des effets indésirables graves. Mais lorsqu'on s'y est habitué, l'arrêt de ces médicaments provoque un rebond acide et le retour des douleurs. Il faut éviter de les prendre trop longtemps. arrêter ces médicaments sans souffrir.

Prescrire et déprescrire

De nombreux médicaments sont utiles à court ou moyen terme, et néfastes à long terme. Ainsi, le plus souvent, les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les traitements de la douleur, les médicaments de l’anxiété ou de l’insomnie, les médicaments des brûlures d’estomac… et de nombreux autres. De plus, des traitements à long terme provoquent souvent une forme de toxicomanie : l’arrêt du médicament provoque des effets indésirables qui poussent à continuer, bien à tort.

Faire usage des traitements non médicamenteux

Certaines habitudes de vie améliorent la santé… et sont, de plus, souvent agréables. Une alimentation équilibrée, végétarienne ou à dominante végétale, ni trop sucrée ni trop grasse ni trop abondante. Une activité physique régulière, à la fois source de bien-être, de meilleure santé cardio-vasculaire et pulmonaire, et remède contre l’anxiété et la dépression. Du moins si on en fait suffisamment : au moins 20 minutes 5 fois par semaine, ou l’équivalent. Passer du temps au contact de la nature, qu’il s’agisse de campagne, de forêt, de parc, de jardin ou d’animaux, entretient la santé mentale. Là encore, il existe une dose minimale : au moins 2 heures par semaine en sessions d’une durée d’au moins 20 minutes. Des interactions sociales, la participation à des groupes, des rencontres avec d’autres humains. La solitude est néfaste !

Choisir des médicaments ayant moins d’impact écologique

Par exemple, éviter les aérosols anti-asthme propulsés par des gaz à effet de serre, et préférer les formes inhalées en poudre sèche qui polluent moins. Ou encore éviter le diclofénac sous toutes ses formes, en raison de sa toxicité pour certains oiseaux et certains poissons, une fois qu’il aboutit dans la nature. Penser que le recours à une contraception hormonale a également un impact sur la faune, réduisant la fertilité des mâles de diverses espèces. D’autres types de contraceptions sans hormone sont sous-utilisées en France, par comparaison avec d’autres pays…

Les pistes d’action sont donc nombreuses, et il faut espérer que la recherche dans ce domaine va se poursuivre avec plus de moyens.

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Lire aussi :
- Choisir un anti-inflammatoire
- Un anti-inflammatoire provoque une épidémie de rage
- Les médicaments qui peuvent bloquer le fonctionnement du rein
- Brûlures d’estomac, comment arrêter les médicaments

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Sources :
1- Kozub E et Blanchet L "Prescrire moins, autrement et mieux", 22 mars 2024
2- https://cmg.fr/prescription-ecoresponsable
3- https://cmg.fr/sante-planetaire/
4- Myers S, Frumkin H et coll. "Santé planétaire", Rue de l’Échiquier éd., Paris 2022
5- Baras A"Guide du cabinet écoresponsable", Presses de l’EHESP, Rennes 2021

Crédits photo :
Image n°1 : "Nature" (recadré) par Max Schrader sur Flickr
Image n°2 : "Estomac" d'après L. Testut "Anatomie humaine" In Pizon A. "Anatomie et physiologie humaines"
Paris, Gaston Douin éditeur, 6e édition, 1925, page 287 (photo J. Doubovetzky)

Rédigé par sans lien d'intérêt, notamment avec les firmes pharmaceutiques, leurs officines de communication, l'assurance maladie et les compagnies d'assurance ou mutuelles.

CITER: Jean Doubovetzky "Pour une médecine écoresponsable" ; 06 Mar 2026 ; site internet Anti Dr Knock (https://anti-knock.fr/blog-medicaments/pour-une-medecine-ecoresponsable/)
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