Les principaux polluants de l'air
Les polluants de l'air sont nombreux. Les particules en suspension dans l'air, et en particulier les particules dites fines (parce qu'elles sont petites) sont très répandues et sont particulièrement nocives.
D'autres polluants de l'air sont l'ozone, les oxydes d'azote ou de soufre, des substances organiques, des métaux lourds ou l'ammoniac.
En France, selon le polluant, 55 à 95 % des personnes vivant en ville sont exposés à des taux de pollution supérieurs aux valeurs jugées sûres par l'OMS dans sa « ligne directrice » de 2021.
Les effets des particules fines
Les particules de diamètre inférieur à 2,5 μm, encore appelées particules fines ou PM2,5 sont considérées par l'OMS comme le deuxième facteur environnemental le plus toxique pour la santé mondiale après le tabac. En raison de leur petitesse, elles pénètrent profondément dans les poumons. Les particules les plus fines atteignent les alvéoles pulmonaires, passent dans la circulation sanguine et aboutissent à de très nombreux organes où elles peuvent provoquer une inflammation.
Elles sont ainsi à l'origine de bronchite chronique, d'asthme, d'infections respiratoires aiguës, de cancers du poumon, d'angine de poitrine et d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux, d'obésité, de diabète sucré, de maladies rhumatismales et de troubles neurodégénératifs (maladie de Parkinson et maladie d'Alzheimer par exemple).

Selon l'agence européenne de l'environnement, l'exposition aux particules fines (dites PM2,5) dans l'atmosphère a provoqué en France en 2023 : plus de 14 000 morts, soit plus de 34 morts par 100 000 habitants, et plus de 160 000 années de vie perdues, soit plus de 370 années de vie perdues pour 100 000 habitants.
Qui est à haut risque
Le risque est présent même en cas de faible exposition. Il se cumule bien entendu avec les risques liés au tabac et aux autres polluants.
Sans surprise, les populations pauvres sont les plus exposés aux effets de la pollution de l'air. Et aussi les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant déjà de problèmes de santé.
Effets collatéraux
La pollution atmosphérique endommage aussi la végétation, les animaux, les écosystèmes, et diminue la qualité de l'eau et du sol.
Le coût des soins de santé, la diminution de l'espérance de vie, de l'espérance de vie en bonne santé et la perte de journées de travail ont des effets économiques défavorables. Il en est de même des autres conséquences de la pollution de l'air. Selon l'agence européenne de l'environnement, la pollution atmosphérique coûterait environ 2 % du produit intérieur brut de l'Union Européenne.
Le risque des pics de pollution
Des pics de pollution sont possibles. Par exemple, les incendies de la Gironde et de la côte Atlantique de l'été 2026 ont provoqué des pics de pollution (et notamment des pics de concentration en particules fines) jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de distance, jusqu'à la Lozère ou à l'Hérault, sur la côte méditerranéenne.
Les pics de pollution ont globalement moins d'effets sur la santé qu'une pollution régulière, mais ils peuvent aussi s'associer aux effets délétères d'une période de canicule.
Que faire en cas de pic de pollution
Pour tous :
- Éviter les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu'à l'intérieur.
- En cas de gêne respiratoire ou cardiaque (essoufflement, sifflement, palpitations), prendre conseil auprès des professionnels de santé.
Pour les personnes vulnérables à la pollution de l'air :
- Éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe.
- Reporter les activités qui demandent le plus d'effort. Privilégier des sorties brèves et demandant peu d'effort.
- Vérifier si le traitement médical doit être adapté (notamment pour éviter une déshydratation qui pourrait augmenter les risques).
À la maison, au travail :
- Reporter les travaux d'entretien ou de nettoyage nécessitant l'utilisation de solvants, peintures, vernis.
- Respecter l'interdiction des feux à l'air libre et l'encadrement des dérogations
- Arrêter l'utilisation des appareils de combustion non performants (foyers ouverts, poêles acquis avant 2002)
- Maîtriser la température dans les bâtiments (chauffage ou climatisation)
Pour vos déplacements :
- Différer, si possible, les déplacements pouvant l'être
- Pour les trajets courts, privilégier la marche à pied ou le vélo
- Limiter l'usage des véhicules automobiles : préférer le covoiturage et les transports en commun.
- Reporter les épandages agricoles de fertilisants ainsi que les travaux du sol.
Sources :
- European Environment Agency "Pollution" (11 déc. 2025), "Air pollution" (01 juil. 2026), "Harm to human health from air pollution in Europe : burden of disease status, 2025." (07 août 2026), "Costs of industrial pollution from largest facilities decline in Europe but remain at 2% of EU GDP" (25 janvier 2024)
- Haut commissariat à la stratégie et au plan "Les politiques publiques de santé environnementale. Pesticides, PFAS, bruit et particules : mieux connaître pour mieux agir" octobre 2025
- Goldman RH et coll. "Overview of environmental health" In: UpToDate, Post TW (Ed), UpToDate, Waltham, MA, USA. (Mise à jour en juillet 2026)
- Atmo Occitanie "Épisode de pollution de l'air" (26 juillet 2026)
Crédits photos :
Image 01 : "Factory Emitting Smoke" par T Berg sur Wikimedia commons (CC-BY-SA-2.0) (recadré)
Image 02 : "Mortalité attribuable à l'exposition à long terme aux particules, 2023" par Agence européenne de l'environnement (recadré)
