Une nouvelle orientation médicale
La santé planétaire est née en 2015, après un appel lancé par le journal médical The Lancet. Il appelait à faire évoluer la santé publique, qui étudie et agit pour protéger et améliorer la santé des populations. Jusque là, en effet, la santé publique tenait peu compte des écosystèmes.
Depuis, la santé planétaire est devenue une discipline médicale reconnue, avec ses revues et ses sociétés savantes. Même si (à mon avis) elle a encore besoin d’être fortement développée.
La santé planétaire s’intéresse à la relation entre santé et écosystèmes
La santé planétaire est un champ d’étude et d’action médicale fondée sur les preuves, c’est-à-dire sur des bases scientifiques. Elle s’intéresse aux modifications des écosystèmes dues aux activités humaines et à leurs conséquences pour la santé. Son objectif est de développer et d’évaluer des solutions pour contribuer à un monde équitable, durable et sain.
Pour y parvenir, elle fait appel à des groupes et des méthodes trans-disciplinaires, reconnaissant ainsi que les professionnels de santé n’ont pas le monopole de l’action pour la santé publique.
Une relation démontrée entre santé et écosystèmes
Les exemples ne manquent pas. Par exemple : les perturbations climatiques engendrent des phénomènes météorologiques dangereux pour les populations humaines, notamment des canicules, des incendies, des sécheresses, des inondations, la submersion de certains territoires, la disparition ou la migration de plantes et d’espèces animales. Ou encore, la pénétration des humains dans certains écosystèmes et l’accélération des voyages est ou peut être à l’origine de pandémies. C’est une des causes possibles de celle du covid-19. La raréfaction des ressources en eau et en matières premières critiques contribue à provoquer des tensions internationales et des conflits armés, avec leur lot de morts et de réfugiés.

Pas d’oppositions abusives
Il ne s’agit pas d’opposer la santé et l’avenir de la planète. Il s’agit au contraire de trouver des solutions qui soient meilleures tout à la fois pour le patient individuel, pour la santé des populations et pour les écosystèmes. On parle de cobénéfices.
Par exemple, dans le traitement des insomnies, diminuer le recours aux somnifères et mieux utiliser les ressources de l’activité physique et des thérapies comportementales ou de l’hypnose est à la fois moins risqué pour le patient individuel, meilleur pour la santé publique (diminution des risques de chute et de fractures, notamment) et meilleur pour les équilibres planétaires (moins de médicaments répandus dans l’environnement).
Sortir du strict domaine médical
La recherche de cobénéfices conduit à s’intéresser à des habitudes de vie ou de consommation qui ne sont pas nécessairement médicales.
Par exemple à l’alimentation. Une alimentation moins riche en viandes (ou même végétarienne) est meilleure pour la santé individuelle, meilleure pour la santé des populations et plus respectueuse des équilibres planétaires – notamment en réduisant la déforestation et en économisant la ressource en eau.
Une chance pour la démocratie sanitaire
Les décisions de santé planétaire nous regardent tous. C’est un domaine où les professionnels de santé doivent concevoir leur action comme étant au service des besoins des patients. De ce point de vue, le site anti-knock prendra soin de toujours demander leur avis à des non professionnels de santé sur le contenu de ses articles
Sources :
- Frumkin H, Myers S "Santé planétaire" Rue de l’échiquier éd., Paris 2022.
- Alliance Santé Planétaire - https://santeplanetaire.org/comprendre/
- Collège de la médecine générale française "Santé planétaire en médecine générale" - https://www.cmg.fr/sante-planetaire-2/
- "Une Santé planétaire" - https://www.youtube.com/watch?v=eM_abxzT6xw
- The Lancet Planetary Health - https://www.thelancet.com/journals/lanplh/home
- Cochrane – Groupe thématique Planetary Health - https://climate.cochrane.org/
- Wikipedia "Santé planétaire" - https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant%C3%A9_plan%C3%A9taire
Crédits photos :
IMG 01 : "Santé planétaire" par J Doubovetzky sur le générateur d’images Creen
IMG 02 : "Incendie en Gironde, juillet 2026" avec l’autorisation d’Alain Doubovetzky (tous droits réservés)
