Le groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs a d’abord été suspendu par le gouvernement canadien, sous la pression des lobbies pro-dépistage. Après qu’un rapport officiel a bien montré que ce groupe d’étude ne pose aucun problèmes majeur… le gouvernement canadien retarde au maximum la reprise d’activité du groupe d’étude. La protestation est internationale.
Le groupe d’étude canadien et le dépistage du cancer du sein
Le GECSSP (Groupe d’Étude Canadien sur les Soins de Santé Préventifs) a une réputation internationale. Il a élaboré une méthode rigoureuse de travail pour rédiger des recommandations destinées aux professionnels de santé et des textes pour l’information des patients. Depuis des années, son travail sur le dépistage du cancer du sein par mammographie est remarquable, et inspire de nombreux groupes ou institutions internationaux comme, en France, la revue Prescrire.
Les lobbies à l’assaut
Il y de forts enjeux financiers et humains derrière le dépistage du cancer du sein. Rien d’étonnant puisqu’il concerne toutes les femmes pendant une vingtaine d’années ou plus. Il faut se rappeler que sont directement concernés de nombreux professionnels de santé, les industriels de l’imagerie médicale (par exemple General Electric), sans parler des firmes qui font du « pink washing », c’est-à-dire qui se font une belle image auprès des femmes en soutenant par exemple octobre rose. Il faudrait aussi parler des associations de patientes, qui sont sans aucun doute de bonne foi mais parfois manipulées par les autres. Toutes ces forces ce sont liguées contre les recommandations très raisonnable du Groupe d’étude canadien, qui avait l’audace de vouloir dire que la décision de faire ou non des mammographies devait revenir aux femmes, après qu’elles aient été bien informées.

Un rapport officiel favorable au groupe de travail
Le prétexte donné pour suspendre les travaux du Groupe canadien était la nécessité d’un rapport indépendant sur le fonctionnement (supposé problématique) du groupe de travail. Hélas pour les lobbyistes, le rapport a été rapidement rédigé. Et pour cause : le groupe fonctionne de manière ouverte et transparente. Certes, le rapport propose quelques améliorations, mais il ne remet aucunement en cause de fonctionnement du groupe de travail. Les recommandations peuvent parfaitement être mises en œuvre progressivement.
La suspension… continue sans raison
C’est tout de même avec surprise qu’on observe que le gouvernement canadien maintient la suspension des travaux du groupe de travail jusqu’à des réformes qui pourraient (peut-être) avoir lieu en 2026… On ne voit pas bien l’intérêt d’empêcher le groupe de poursuivre ses travaux… à moins qu’ils ne soient jugés politiquement gênants !
Lutter contre la censure scientifique
De nombreux acteurs scientifiques ou médicaux de divers pays ont commencé à protester auprès de la ministre canadien de la santé. J’en fais partie. Et vous pouvez en faire partie aussi en vous inspirant du document à télécharger ci dessous (en français et en anglais) pour écrire à la ministre.
Lire aussi :
- La santé censurée au Canada
- Censure en santé : une tentation récurrente
- L'Institut national du cancer français (INCa) tenté par la censure
- Dépistage du cancer du sein : bravo les Canadiens !
Sources : 1- "International Statement of Support for the Canadian Task Force on Preventive Health Care".
2- Canadian Task Force on Preventive Health Care (= Groupe d'étude Canadien sur les soins de santé préventifs) "Breast Cancer (Update) - Draft Recommendations (2024)"
3-Agence de la santé publique du Canada "Moderniser le développement des lignes directrices des soins de santé préventifs au Canada : une voie d'avenir" Rapport du comité d'examen externe sur le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs, 2025, 108 pages.
4- "La ministre Michel accueille favorablement le rapport du Comité d'examen externe sur la modernisation de l'élaboration des lignes directrices en matière de soins de santé préventifs au Canada" (Agence de la santé publique du Canada, 13 juin 2025)
Crédits photo :
Image n°1 : "Happy Canada Day" par Nick Kenrick sur flickr.com (recadré).
Image n°2 : "Fuoco di Giola" par Hervé Simon,sur flickr.com (recadré).
