Les anti-inflammatoires sont souvent utilisés pour lutter contre la douleur ou la fièvre. Mais ils ont des effets indésirables sérieux, et au cours des infections, ils font courir le risque de complications graves, parfois mortelles.
Comment agissent les anti-inflammatoires
De manière très générale, les anti-inflammatoires (a) ne permettent pas de guérir des maladies : ils servent plutôt à limiter les symptômes en limitant la douleur et l’inflammation. Ils peuvent aussi diminuer la fièvre.
L’inflammation est la réaction habituelle de l’organisme en cas d’agression externe (comme une infection, une blessure) ou interne (comme le développement d’une tumeur). Cette réaction se traduit souvent par un gonflement, une rougeur, une chaleur locale et une douleur. La réaction inflammatoire dépend de plusieurs processus chimiques. Les prostaglandines y participent en provoquant un gonflement et de la douleur. Les médicaments anti-inflammatoires agissent en particulier en diminuant la production de prostaglandines, ce qui réduit le gonflement et la douleur.
Préférer l’ibuprofène ou le naproxène
Tous les anti-inflammatoires ne sont pas identiques, et dans le détail, leurs propriétés ne sont pas exactement les mêmes. Leur efficacité est peu différente, et dépend surtout de la dose prise. C’est par leurs effets indésirables qu’ils diffèrent. Certains provoquent par exemple plus souvent des allergies, des troubles cardiaques ou des troubles rénaux (en particulier des insuffisances rénales aiguës). D’autres ont aussi des effets délétères sur l’environnement et sont toxiques pour certains oiseaux ou poissons. C’est le cas du diclofénac, qu’il est préférable d’éviter. Pour la revue Prescrire, les anti-inflammatoires de premier choix sont l’ibuprofène et le naproxène.

un gonflement (oedème), de la chaleur, de la rougeur et de la douleur.
Ici, une crise de goutte du gros orteil provoque une inflammation articulaire.
Attention en cas d’infection
Au cours d’une infection, l’inflammation joue souvent un rôle utile, par exemple en bloquant les bactéries, en attirant les cellules de défense, en augmentant localement le flux sanguin, etc. Il n’est donc pas étonnant que prendre des anti-inflammatoires au cours des infections aboutisse à diminuer les défenses, ce qui favorise certaines complications graves.
Complications des anti-inflammatoires dans les infections
Tous les anti-inflammatoires augmentent les risques des infections dues à des bactéries ou à des virus : grippe, angine (risque d’abcès du cou qui porte le nom de phlegmon), sinusites, pneumonies (risque d’abcès du poumon, d’infection de la plèvre ou pleurésie). Dans la varicelle ou le zona, les médicaments anti-inflammatoires peuvent provoquer des infections graves de la peau avec nécrose (mort d’une partie des tissus cutanés).
Autres effets indésirables des anti-inflammatoires
Presque tout le monde sait que les anti-inflammatoires peuvent provoquer des douleurs d’estomac et même des ulcères (plaie de l’estomac). Mais ils peuvent aussi provoquer des saignements digestifs et même des perforations. Ils sont aussi à l'origine d'infarctus du myocarde (crises cardiaques), de thromboses (caillots sanguins) dans les artères et d'insuffisances rénales aiguës, particulièrement chez les personnes qui prennent de nombreux médicaments et chez les personnes âgées.
Chez les femmes enceintes, les effets sur la grossesse et l’enfant à naître sont tellement graves qu’il est absolument interdit de les utiliser, même sous forme de gel à appliquer localement sur la peau.
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À retenir : quelques mesures de prudence
- D’abord n’utiliser d’anti-inflammatoire que si c’est vraiment nécessaire. Le plus souvent, on peut contrôler une fièvre avec du paracétamol. Utiliser des anti-inflammatoires pour faire baisser la fièvre chez un enfant qui a une infection est très généralement une mauvaise idée.
- Ensuite, n’utiliser les anti-inflammatoires qu’à la dose la plus faible suffisamment efficace, et pendant le moins de temps possible.
- Éviter les anti-inflammatoires chez les femmes enceintes ou voulant le devenir.
- Faire très attention chez les personnes dont le rein fonctionne mal (insuffisance rénale chronique) et chez les personnes âgées, surtout si elles prennent de nombreux médicaments.
a- Pour être précis, nous parlons ici des anti-inflammatoires dits « non stéroïdiens », c’est-à-dire des anti-inflammatoires qui ne sont pas dérivés de la cortisone.
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Lire aussi :
- Choisir un anti-inflammatoire
- Un anti-inflammatoire provoque une épidémie de rage
- Les médicaments qui peuvent bloquer le fonctionnement du rein
- Incertitude
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Sources :
1- Prescrire rédaction "Aggravations aiguës d’insuffisance rénale d’origine médicamenteuse" Prescrire 2025 ; 45 (499) : 363.
2- Solomon DHet coll. "NSAIDs (including aspirin): Pharmacology and mechanism of action" et "NSAIDs: Therapeutic use and variability of response in adults"et "Nonselective NSAIDs: Overview of adverse effects", In: UpToDate, Post TW (Ed), UpToDate, Waltham, MA, USA. (Mise à jour en janvier 2026).
3- "Inflammation", mis à jour le 12décembre2025, Wikipedia, l’encyclopédie libre. https://fr.wikipedia.org.
Crédits photo :
Image n°1 : "Feu d’un feu de camp" (recadré) par Verber31 sur Wikipedia
Image n°2 : "Gout Signs and Symptoms" (recadré) par www.scientificanimations.com sur Wikipedia.
